Casa d’Aqui, friperie, coffee shop, épicerie locale
Publié le 06 octobre 2023, par Katia Crabé
Temps de lecture : 32 min
Présentation de Valérie de Casa d’Aqui
L’interview de Valérie de Casa d’Aqui
Le Nouveau Monde selon Valérie de Casa d’Aqui
Le portrait chinois de Valérie de Casa d’Aqui

Présentation de Valérie de Casa d’Aqui
Aujourd’hui, Valérie me fait le plaisir d’être mon invitée. Mars 2020, la culture considérée comme non-essentielle est à l’arrêt. Plus de concerts, plus de festivals, plus de tournées. Après 25 années d’une première vie dans le spectacle vivant en tant que régisseuse et bookeuse pour des boîtes de production, Valérie décide de changer de cap. Elle imagine LA boutique, dont elle rêve en tant que cliente et qui serait à son image. Un lieu qui respecterait ses convictions, son éthique et la bonne santé de notre porte-monnaie. Un lieu qui regrouperait à la fois une épicerie fine pour valoriser le savoir-faire de la région, une friperie avec un coin créateur parce qu’elle adore chiner et un coffee shop pour se retrouver. Le 2 juillet 2022, la Casa d’Aqui voit le jour. Vous avez envie d’en savoir un peu plus sur Valérie et sa boutique ? Je vous invite à vous imiscer dans notre conversation du jour. Bonne écoute !
L’interview de Valérie de Casa d’Aqui
Katia : Bonjour Valérie !
Valérie : Bonjour !
Katia : Comment est-ce que tu vas ?
Valérie : Très bien. Chaud. J’ai un petit peu chaud aujourd’hui.
Katia : Alors, on est en fin mois d’août, pleine canicule pour resituer. Exactement.
Valérie : Oui, c’est vrai. Et oui, oui, il fait très très chaud, donc du coup, là, en ce moment, on commence tard et on fait des nocturnes. Alors, où est-ce que nous sommes, là, toutes les deux ? Alors, là, toutes les deux, nous sommes au coffee shop, enfin, dans la partie coffee shop de la boutique Casa d’Aqui, qui se trouve au centre commercial de la plage à Tarnos.
Katia : D’accord. Alors, on reviendra un petit peu plus tard sur ton concept. Est-ce que, pour commencer, tu peux te présenter qui tu es ?
Valérie : Alors, moi, je suis Valérie, voilà, maman de 53 bientôt, et puis, c’est une totale aventure de reconversion. Oui. Oui. Et c’est tout simplement, j’ai eu une première vie dans le spectacle vivant en tant que régisseuse ou bookeuse pour différentes boîtes de production dans le spectacle. Et puis, après 25 ans de tournée un peu partout, au moment du Covid, là où on nous a fait comprendre que nous n’étions pas très essentiels dans la culture et l’arrêt des salles de spectacle. Mais c’est vraiment là qu’est du festival, des festivals, donc des tournées. En mars 2020, là, j’ai commencé à réfléchir, à me dire, j’ai 50 ans, qu’est-ce que je pourrais faire ? Et là, j’ai un peu regardé mon mode de vie. Donc, évidemment, j’ai la passion de ce qu’on appelle la Chine, de chiner tous mes biens, que ce soit du vêtement ou au mobilier, au matériel, enfin, voilà, de pouvoir donner une seconde vie et être… Je n’aime pas utiliser le même nom, mais, en fait, je fais le mot anti-consommatrice, mais d’être plutôt raisonnée, et pour mon porte-monnaie, et évidemment pour l’écologie. Puis l’amour de mon territoire, d’être locavore aussi, au maximum de mes possibilités. J’ai toujours imaginé une boutique, mais en tant que cliente, qui pouvait être un lieu de vie, où on pouvait trouver un côté épicerie fine, qui valorise le savoir-faire de la région, et puis de pouvoir avoir un lieu de vie avec un coffee shop, et se retrouver, et puis avoir une friperie avec un petit coin créateur. C’est un genre de boutique que j’avais imaginé dans ma tête en tant que cliente, mais au moment de Mars, de l’hiver, je me suis dit, mais cette boutique, c’est peut-être pour moi. Et puis voilà, j’ai fait une étude de marché, et puis je me suis dit, pourquoi pas, et je me suis lancée. Et me voilà.
Katia : Ça fait combien de temps que Casa d’Aqui existe ?
Valérie : Ça fait maintenant un an, c’était le 2 juillet 2022.
Katia : Et pourquoi Casa d’Aqui ?
Valérie : J’ai fait un brainstorming à moi toute seule, et il y avait plein de choses qui me venaient à l’esprit. Il y avait évidemment de valoriser le territoire. La maison. Et puis j’avais des noms. Alors il y avait un nom qui me venait souvent en tête, mais je ne l’imaginais pas comme nom de boutique. C’était Walli Walla. Walli Walla, c’est ça qu’il faut faire. Du coup, ma société, je l’ai appelée comme ça. Mais par contre, la boutique, je ne l’imaginais pas sur ce nom-là. Et puis comme c’est évidemment la valorisation du territoire, la seconde main, etc., et que je voulais que ce soit un lieu où on se sente comme chez soi, un véritable cocon, en tout cas, je l’espère. Du coup, maison d’ici. Et puis en plus, je mets tout le monde d’accord, que ce soit en espagnol, en gascon ou en portugais, tout le monde est d’accord, c’est Casa d’Aqui. On le prononce un peu différemment en fonction des accents, mais c’est toujours la même chose.
Katia : Qu’est-ce que tu proposes comme produit ? Alors, on en a parlé tout à l’heure en aparté, mais est-ce qu’on peut peut-être reprendre pour que les gens se représentent vraiment ce qu’il y a comme produit ? Parce que c’est une vraie caverne d’Alibaba quand même.
Valérie : Oui, mais il n’y aura jamais du sel de lime et de laillère chez moi, par contre. Alors, d’un côté, il y a une épicerie fine, où évidemment, alors comme je l’ai dit tout à l’heure, avec un impact sur le territoire positif, puisque je veux valoriser des producteurs et notre agriculture, nos paysans à nous, et puis notre savoir-faire. Donc, on peut retrouver que ce soit des conserves de porc en Port-Gascon, on peut retrouver du canard de Châlosse, évidemment, le foie gras, le confit, etc. On peut retrouver toutes les conserves autour du poulet de Saint-Sever, on peut retrouver du miel, on peut retrouver des tisanes, du safran de Saint-André-de-Seignanx, une conserverie de poissons de Hendaye, qui ne travaille qu’avec des pêcheurs qui font de la pêche raisonnée, des tartinables gastros de Chotila, du Pays Basque, des pâtes faites par un producteur de blé dans les Landes, des jus de feuilles, des pâtes, des pâtes, des pâtes, des pâtes, des fruits, aussi de la région, même de l’équivalent, je ne vais pas citer, du tonic, on va dire, qu’on aime bien mettre avec le gin, par exemple, mais bio, du jus de tomate, du jus de pomme bio du Pays Basque, du cidre et de cigare, des huiles, il y aura évidemment, enfin, avec l’écologie, on ne sait jamais si un jour on aura des olives ici, mais pour l’instant, j’ai des huiles de colza et de tournesol, des chips et d’ici, voilà, des pâtissières aussi qui se sont lancées pour faire des sachets avec uniquement des ingrédients locaux pour pouvoir faire la pâtisserie chez soi, avec ses enfants, et même sans gluten. J’ai également les frères Pastis, avec leur excellent Pastis, j’ai le piment d’Espelette de Vincent Hurcot, un des meilleurs, on va dire, d’Espelette. Voilà, j’ai plein de choses, j’ai des glaces, j’ai des sorbets, des sorbets Milika, qui est une jeune femme courageuse et militante du Pays Basque qui fabrique ses sorbets uniquement avec ses fruits de son verger et qui est dans la charte Hidoki, donc qui va plus loin encore que le bio. J’ai les glaces du Givré des Prés, qui sont avec du lait bio, pour les glaces laitières, et le Coffee Shop, il est pareil, avec un sourcing complètement local, donc j’ai des… Je n’ai pas encore de thé, ça va venir, parce qu’il y a du thé qui arrive au Pays Basque. Pour l’instant, j’ai mes tisanes, par exemple, et puis tous les softs qui viennent de la séquère à ses miens, les sodas de Olatou, les jus de fruits de Olatou, le chocolat chaud, chez moi, il est fait avec le chocolat Gaborit, un maître artisan de Biarritz, enfin, originaire de Tarnos, mais qui a son atelier à Biarritz, etc., etc., voilà, et puis j’ai des pâtisseries, en principe, en semaine, là, un petit peu moins, parce qu’il fait très chaud, donc c’est plutôt les glaces qui partent, voilà.
Katia : Parce que les pâtisseries, c’est toi qui les fais ?
Valérie : Non, non, non, non, non, j’ai pas un super savoir-faire de ce côté-là, donc je laisse faire des excellentes pâtissières de la région. Toutes les semaines, j’ai des pâtisseries de pâtissières locales qui me livrent et qui s’amusent à me faire des pâtisseries un petit peu originales pour Coffee Shop. Voilà. Voilà, mais elles sont locales et, enfin, elles sont succulentes. J’ai pris 8 kilos, je peux le dire, en un an, depuis que j’ai la boutique, donc oui, ce que j’ai, je pense, doit être succulent. Voilà, et puis après, on a une friperie, donc de la seconde main. Ce n’est pas un dépôt vente. Je chine, j’ai le plaisir, moi, d’adorer chiner, et donc je continue à chiner pour pouvoir trouver des habits un peu originaux, donc des fois, je vais avoir des robes des années 60, 50, des habits des années 80, des super-Lévis de super qualité. Voilà, j’essaie d’avoir des choses originales et je vais du 34 au 50-52 pour le côté friperie. Et j’ai des coins créateurs aussi. J’ai une couturière de Tosse, Sophie, qui me fait des sacs. Évidemment, elle me fait des jolies pochettes, des jolis sacs, etc. J’ai des noms. J’ai une créatrice qui me fait des bijoux avec tous les petits bouts de plastique que l’on retrouve malheureusement sur nos plages, sur notre électorale, et elle en fait des beaux bijoux. J’ai une autre créatrice, Caju, qui, en ramassant des pierres, que ce soit dans nos rivières, que ce soit sur nos plages, en fait de très beaux bijoux et avec de très, très belles intentions dans les pierres. Voilà. J’essaie d’être le plus locale possible. J’ai une savonnière de Port-de-Lanne aussi qui fait du super savon.
Katia : On n’imagine pas tout ce qu’il peut y avoir effectivement dans ta boutique. Comment est-ce qu’on qualifie ton lieu ?
Valérie : Alors, certains pourraient l’appeler concept store. Sauf que concept store, bon déjà, il y a une connotation qui est très snobinarde, on va dire ça comme ça, qui ne me plaît guère. Moi, j’ai envie que ce soit, c’est un lieu de vie où on peut venir, que ce soit seul pour faire des courses, s’habiller, se poser, boire un chocolat chaud ou une boisson fraîche et puis faire un cadeau, venir entre copines, papoter, faire des soirées. On en parlera plus tard parce qu’il y a aussi des soirées. Faire du shopping en faisant attention à son porte-monnaie et puis à l’environnement. C’est un lieu de vie. C’est un lieu de rencontre. Et de plus en plus, j’ai une anecdote pour ça. Tous les vendredis soirs, je fais des soirées avec des thématiques complètement différentes. On peut aller de cours de salsa à des concerts de musique, à des ateliers, à des blind tests, à des jeux, enfin voilà. Plein de choses, des karaokés. Oui, mais des karaokés au dixième degré puisque c’est le seul karaoké écolo de la région. Puisque c’est le karaoké qui s’appelle « Je chante faux et fort ». Et donc, en gros, c’est pour pouvoir rencontrer des gens. Remplir nos nappes phréatiques, mais que la nuit uniquement. Voilà. On va dire un karaoké complètement décomplexé. Il n’y a pas de fauteuil qui se retourne ici. Voilà. Il n’y a pas de buzz, ni quoi que ce soit. On s’amuse bien. En tout cas, les soirées sont toujours au dixième degré. Et souvent, quand les clientes viennent, que ce soit pour du shopping ou les clients, du shopping ou pour le coffee ou pour l’épicerie, je leur parle évidemment des soirées du vendredi soir où on a la possibilité aussi de restaurer puisque je fais des planches apéritives locales. Et j’ai des bières artisanales. Souvent, le public, quand il est tout seul, me dit « Ah, moi, sortir tout seul, ça ne m’intéresse pas. Je n’aime pas. Enfin, je n’ose pas », etc. Et puis, petit à petit, en poussant les gens à venir même tout seuls, il y a un petit club qui s’est créé. Une des premières jeunes femmes qui m’avait surnommée Madame Paillette. Petit à petit, elles sont maintenant entre, on va dire, une bonne vingtaine. Et ça s’agrandit de vendredi à vendredi. Et elles se retrouvent là. Elles ont créé même un WhatsApp entre elles qui s’appelle Les Paillettes et où elles font même des sorties à l’extérieur. Elles font plein d’activités ensemble, etc. Elles se retrouvent. Et elles se retrouvent évidemment aussi à Kazanaki. Bon, les garçons ont commencé à le savoir qu’il y avait quand même un public féminin ici parce qu’ils sont beaucoup moins timides.
Katia : Un lieu de rencontre dans tous les sens du terme.
Valérie : Oui, en effet. Alors, je ne suis pas encore témoin d’un mariage, mais ça devrait tarder. Je lance un appel. Du coup, c’est vrai que voilà. En tout cas, c’est des soirées très, très rigolotes. Tous les vendredis soirs, on s’amuse terriblement bien. Et ils sont de bons enfants. En tout cas, c’est un lieu de vie pour les soirées qui diffèrent peut-être des lieux qu’on peut connaître un peu partout. Où là, la consommation est peut-être un petit peu poussée. Enfin, voilà. Là, c’est beaucoup plus bon enfant. C’est beaucoup plus chaleureux. Et puis, ça va de 7 à 77 ans, voire 80, 90. Voilà, en fonction des thématiques des soirées. C’est très rigolo. Et puis, moi, ce mélange de gens, etc., ce communion qui se fait de gens qui ne se seraient peut-être pas rencontrés à l’extérieur ou dans d’autres lieux, qui évidemment, par leur étiquette, attirent une certaine clientèle. Et moi, j’ai envie d’avoir… On vient pour différentes raisons. On vient peut-être chez moi pour le prix. On vient aussi parce que c’est branché. De soi-disant, de s’habiller en seconde main, etc. Et puis, on vient aussi parce que c’est un lieu chaleureux. Et on vient parce qu’il y a de la qualité. On ne boit pas des bières mortes ici. On boit des bonnes bières vivantes. Enfin, j’espère en tout cas que c’est un lieu très chaleureux.
Katia : Je pense que ton exemple parle de lui-même. C’est-à-dire que si tu dis que tu as un groupe qui grossit de plus en plus de semaine en semaine et qu’il y a une émulation qui se fait…
Valérie : Oui, elles me font rire parce qu’au début, c’est moi qui les présentais quand il y avait une personne seule. « Je vais vous présenter à telle personne. » Et maintenant, elles le font toutes seules. Enfin, ils le font toutes seules. Ils me font signe. Alors, des fois, je leur envoie un petit message WhatsApp. « Ah, il y a deux, trois personnes qui seront seules ce soir. » Et quand elles arrivent, ils me demandent « C’est qui ? C’est qui ? » Je montre un peu. Et puis, elles y vont. « Bonjour, viens à notre table. » Ah, super. C’est hyper jouissif pour moi de voir ça. De voir les gens. Oui. Les gens qui, maintenant, viennent sans aucune crainte. Et voilà.

Katia : Oui, parce qu’on peut aussi s’empêcher, effectivement, de faire les choses parce qu’on est seul. Parce qu’on a peur de sortir seul. On a peur du regard des autres et d’être seul. On a peur d’être jugé. En fait, c’est tellement dommage.
Valérie : C’est tellement dommage. Oui, exactement. On n’a qu’une vie. Oui, oui, oui. Et puis, voilà. En tout cas, moi, je suis très heureuse de ce côté-là. Alors, de temps en temps, il y a des nocturnes. La friperie, je la laisse de temps en temps ouverte. Aussi, le vendredi soir, pour les gens qui ont des horaires qui ne leur permettent pas de faire du shopping. Et puis, voilà. Ou qui ont des paniers cadeaux à faire. Et puis, voilà. Du coup, la soirée, il fallait que j’achète ça. Et puis, ce week-end, je reçois telle personne à manger. Je ne savais pas quoi faire. Ou alors, où j’ai un repas, je dois amener une bouteille de vin ou des bonnes bières. Ou je dois me trouver une tenue. Voilà. Donc, je m’amuse. Ici, je joue à la marchande. Et je m’amuse. Et puis, voilà. Mes clients, ça devient tous des amis. Alors, il faut que je fasse attention avec ça. C’est vrai que je sais que pourtant, il y a un comptoir entre nous. Mais moi, le comptoir, il est invisible ici.
Katia : En tout cas, comment dire ? J’ai repris un petit peu. Tu avais noté sur ton profil Facebook. Dans ta partie à propos, je rêvais d’un lieu où friperie rimerait avec bon esprit, singularité, culture et qualité. Oui.
Valérie : Oui, oui. Voilà. En tout cas, c’est ce que j’espère. voilà. Je dirais Paris gagné dans quelques années quand je serai encore un peu plus rassurée. Mais en tout cas, pour l’instant, je suis très heureuse d’être ici. Et qui en fait, elle ne se rend pas compte du bonheur qu’elle m’amène. Je ne parle pas du point de vue financier. Je parle de l’humain tout simplement.
Katia : Oui, parce que tu me disais même tout à l’heure, on t’a parlé même de franchise. Ça dit aussi que ton concept store t’intéresse ou interpelle. En tout cas, il y a quelque chose. Alors, peut-être que… Oui.
Valérie : Mon concept interpelle, oui, parce qu’on a déjà vu des magasins faire des fringues et de la déco. On a déjà vu faire des librairies, faire un peu coffee à côté. Mais par contre, épicerie, film, coffee et friperie, ça, on ne l’a pas encore… Des concerts, etc. Ça, on ne l’a pas encore vu. En tout cas, que je sache. Du coup, c’est vrai qu’on m’a proposé… Enfin, on m’a proposé, non, on ne m’a pas proposé. On m’a demandé, est-ce que tu imaginerais un jour faire une franchise ? Une franchise. Mon concept à qui il est, qu’à Casa d’Aqui, ne peut pas être franchisé puisqu’il y a la valorisation du territoire qui est très importante pour moi. Le sourcing local à ne pas dépasser les 100 kilomètres, il est évidemment pour moi une charte… Enfin, voilà, c’est la charte que je me donne et que je veux. Voilà. Mais par contre… Alors, je ne parle pas breton, mais on va parler de la Bretagne. Si un jour, quelqu’un… Alors, je ne sais pas dire maison d’ici en breton. Kénavo. Ou Irmat. On lance un appel. On lance un appel. Si les bretons nous écoutent. Voilà. Si les bretons vous nous écoutez, pourquoi pas imaginer un concept avec la valorisation de la Bretagne, du savoir-faire breton et puis, voilà, de mélanger ces activités-là, de faire des concerts, de faire de la friperie, de faire de l’épicerie fine, mais toujours avec… Et le coffee shop, toujours avec un sourcing local et en l’appelant Casa d’Aqui, mais maison d’ici, mais traduit en breton. Donc ça, pourquoi pas inventer un concept de ce genre à franchiser. Mais par contre, le Casa d’Aqui lui, ne peut pas… Voilà. Casa d’Aqui, il est ici. Il est à Tarnos au Seignanx.
Katia : On a oublié de préciser qu’on était quand même à Tarnos, donc dans les Landes. Pas loin de l’océan.
Valérie : Juste à côté, oui. Oui, on était à deux kilomètres de la plage. Le centre commercial s’appelle le centre commercial de la plage. Oui, on n’est pas loin de la plage du métro.
Katia : Oui. Et donc, on a parlé de comment est-ce que tu en étais arrivée là. Tu m’as parlé effectivement du questionnement que tu as eu au printemps 2020. Oui. Tu sentais à ce moment-là qu’effectivement, donc tu me disais, la culture était menacée clairement, puisque la culture était considérée comme non essentielle. Non essentielle, oui. La culture en général. La culture en général. Et les lieux de culture ont été fermés. Les spectacles n’ont pas eu lieu. Voilà.
Valérie : Et puis, il y a eu, on va dire, un foutoir qui s’est mis en place. Parce qu’évidemment, aujourd’hui, ils ont repris, mais ils ont repris dans des conditions qui sont complètement différentes, puisqu’il a fallu, tous les concerts qui n’ont pas eu lieu, toutes les tournées, tous les disques qui ne sont pas sortis, etc., ont été repoussés. Du coup, même les boîtes de prod et les artistes ont un décalage, en fin de compte, de leur planning sur deux, trois ans. Oui. Donc, je pense que même les… que l’industrie musicale, on va dire, commence à revoir, à respirer à peine maintenant. Puisque jusqu’à maintenant, ils étaient en train d’essayer de récupérer un calendrier avec tous les reports et puis… ou alors les sorties qui n’étaient pas faites, etc., etc. Ou les sorties échouées par le Covid, etc. Donc, il y a eu un bordel monstre, oui. Eh bien, la culture, oui. Aller dans les salles de concert, aller dans les salles de cinéma, aller dans les théâtres, ils ont besoin de nous aujourd’hui. Oui. Et évidemment, alors, c’est ma première vie, mais j’aime toujours autant la culture, évidemment. Ça fait une partie prenante. C’est pour ça que des artistes sont les bienvenus chez moi. C’est pour ça aussi qu’il y a un petit côté présentoir de vinyle chez moi. Alors là, par contre, c’est la seule chose qui n’est pas en seconde vie. C’est juste là. OK. À côté du tableau. Ah oui. Je vais parler aussi des artistes qui exposent chez moi. Donc, il y a un petit coin vinyle. Et c’est la seule chose qui ne sera pas vintage chez moi. Parce que les artistes vivants ont besoin de vivre aujourd’hui. Donc, du coup, j’essaye de mettre en valeur, de valoriser les artistes vivants avec leur vinyle d’aujourd’hui. Parce que j’aime cet objet. Et cet objet ne s’est jamais aussi senti bien que de nos jours. Donc, il y a des magasins qui sont spécialisés dans le vinyle vintage. Voilà. Moi, je fais dans les vinyles d’artistes d’aujourd’hui.
Katia : Oui. Et tu disais que tu fais valeur à la culture puisque tu as des concerts qui sont réalisés toutes les semaines. Est-ce que c’est toi qui chine les artistes ? Est-ce que c’est les artistes qui viennent à toi ? S’il y en a qui sont intéressés pour venir composer quelque chose, comment ça se passe ?
Valérie : Alors, évidemment, mon lieu… Des artistes locaux ? Alors, des artistes locaux, oui. Après, il y a des artistes amis évidemment que je connaissais qui en ont profité pour venir passer quelques jours de vacances. Alors, je ne sais pas s’ils auraient accepté le direct si j’avais… Si mon commerce était à Vesoul. Mais qui ont plaisir de venir ici dans leurs tournées, de faire une petite halte par chez moi. Alors, évidemment, mon lieu, ce n’est pas une salle de concert. Donc, c’est un concert tout d’un coup qui va être beaucoup plus intimiste, qui va être semi-acoustique. Et malheureusement, pardon à tous les batteurs de France, je ne pourrai pas accueillir des batteurs ici. Voilà. Parce que je ne les… Ça voudrait dire que je ne les respecte pas si je les recevais dans ces conditions-là. Donc, c’est des concerts qui sont beaucoup plus intimistes. Du coup, c’est un petit jeu pour les artistes. Parce que des fois, de temps en temps, ils ont des arrangements un petit peu différents de leurs spectacles. Parce que pour le faire dans des conditions différentes. En tout cas, ça se passe toujours bien.
Katia : Parce que les concerts ont lieu… Alors là, on est à l’intérieur du Casa d’Aqui. Les concerts ont lieu à l’intérieur. Oui, à l’intérieur. Tu n’as pas aménagé à l’extérieur sur le parking ou devant la Casa d’Aqui ?
Valérie : Je pense que les voisins… Oui. Et la municipalité ne serait pas toujours d’accord pour faire ça. Non, non, non. Voilà, c’est tranquillou à l’intérieur. Donc, j’ai la possibilité d’accueillir au maximum une quarantaine de personnes. J’ai des tabourets de l’autre côté. J’aménage complètement différemment le lieu. Et ça se passe toujours bien. Les concerts, par contre, ce n’est pas toutes les semaines. Puisque chaque vendredi, il y a une activité différente. Il y a à peu près un concert par mois. Après les autres vendredis, c’est d’autres activités. Ça peut être, comme je t’ai dit tout à l’heure, un blind test. Un karaoké. D’autres ateliers. Des jeux. Et puis, en parlant de culture, j’ai aussi des artistes peintres qui exposent chez moi. En ce moment, c’est l’artiste Kurt, un artiste local. Très local puisqu’il est Tarnosien. On le connaît sous le nom de Didier Dordens aussi. Son véritable nom. Qui a la passion aussi de sa région, de valoriser sa région. Je pense que ces toiles ont voyagé un peu partout dans le monde. Il y en a un petit peu partout dans le monde. Ils vont plutôt bien. Et puis voilà. Moi, je suis assez fan de ce qu’il fait. C’est très coloré. C’est très gai. Puis voilà. En tout cas, pour tout l’été et le début de la rentrée, c’est lui qui expose. Et qui expose chez moi.
Katia : Et tu as amené à faire venir d’autres artistes ? Oui.
Valérie : Il y a eu Emmanuel Favereaux. Il y a eu une autre artiste qui m’a fait cette fresque aussi qu’on retrouve à l’intérieur. Oui, qui est magnifique. Oui, voilà qui est une superbe artiste. Voilà. Donc, j’ai eu des artistes complètement différents de style qui exposent, qui font un vernissage. Après, qui exposent pour une durée de temps en fonction de leur planning. Et puis, ils sont accueillis avec grand plaisir. Et puis moi, ça me permet d’avoir une déco qui change à chaque venue de nouvel artiste. Il faut savoir, je vais parler… Du coup, je parle de déco de magasin. Je rebondis. Savoir que tout mon mobilier de A à Z vient d’Emmaüs. De trois Emmaüs différents, pour dire la vérité. Tarnos, Saint-Martin-de-Seignanx et Lescar. Voilà. Donc, mon mobilier vient de ces trois Emmaüs que j’ai achetés chez eux. Et dans quelques temps, quand j’aurai marre du mobilier, peut-être que je vendrai certains objets. Mais pour l’instant, mes tables, sachez, parce qu’on me le demande tous les jours, je ne les vends pas encore. Et voilà. Donc, mes armoires, par exemple, de mon épicerie fine, ce sont deux armoires anciennes. Et les portes que j’ai enlevées, où il y avait des miroirs, sont les miroirs que l’on retrouve dans la friperie. Mon comptoir est en bois recyclé. La décoration, ce sont des sacs de café de mon torréfacteur. Voilà. Mes caisses où ma platine est posée, ce sont des caisses de pommes.
Valérie : Mon présentoir, où on retrouve mes bouteilles, mes canettes, etc., ce sont des caisses de vin, de grand vin plutôt. Et voilà. Et mes portants de l’autre côté en friperie aussi sont des portants. Voilà. Malheureusement, le malheur d’une personne a fait le bonheur d’une autre, puisque c’était une boutique qui fermait en région bordelaise, à qui j’ai acheté des portants en fer forgé et bois flotté. Ça, c’est moi et mes compagnons qui les avons faits. Voilà. Donc voilà. Il y a pas mal de bricolage.
Katia : Oui, jusqu’au boutiste, c’est-à-dire que tu as vraiment une éthique et des valeurs et que tu respectes absolument de A à Z dans tout le processus.
Valérie : Alors, je ne suis sûrement pas parfaite, parce que je ne voudrais pas qu’on me tape sur les doigts. L’imperfection est humaine.
Katia : En tout cas, il y a une intention réelle.
Valérie : Et c’est complètement sincère. Il y a un petit coin enfant aussi. J’ai beaucoup de jeunes mamans et de mamies qui viennent avec les petits et du coup, maintenant, les petits savent qu’ils ont un coin pour pouvoir dessiner, jouer. Il y a plein de jeux et de livres à leur disposition. Il y a un petit bureau pour dessiner. Je commence à avoir une petite décision. Il y a une petite galerie d’art de dessins d’enfants qui me sont dédicacées de l’autre côté. Et voilà, les enfants ont compris aussi où je cachais les bonbons derrière le comptoir. Et voilà, donc les enfants sont accueillis avec grand plaisir de temps en temps, même des ateliers et des soirées, du début de soirée, leur sont complètement dédiés même.
Katia : Est-ce que tu as l’impression que ça vient animer le quartier ? Parce que, alors, autour de la Casa d’Aqui, il y a… Il y a un petit Carrefour City, il y a un bar, enfin, il y a d’autres petits commerces. Oui.
Valérie : Alors, je vais tous les citer parce que c’est tous des copains. Oui, allons-y. Alors, il y a le Carrefour City que tout le monde connaît. Il y a le Poissonnier Le Jeune, petit jeune, qui est excellent et qui fait restaurant aussi également. Il y a le restaurant Le Noir et Blanc qui fait des repas qui sont très bons et qui on mange pour les gens qui sont pressés de travail, pour le travail, etc. On est servis rapidement avec des produits frais. Donc, il y a également, juste à côté de moi, le petit salon, le salon de coiffure avec Audrey qui fait des horaires. Je n’ai jamais vu une coiffeuse faire autant d’heures. Donc, elle est hyper arrangeante pour tout le monde, que ce soit le matin très tôt et le soir tard. Et c’est vraiment… Le centre commercial, c’est une vie… On a la chance d’avoir en plus un super parking autour et c’est vraiment un lieu de vie dans son ensemble. Le centre commercial, je pense qu’on va commencer à faire des choses tous ensemble, des animations sur le parking, etc. Parce qu’on s’entend déjà terriblement tous bien. Et puis, il y a de l’entraide entre les uns et les autres. On s’entend tous bien. Il y a beaucoup d’entraide.

Katia : On a été interrompu pour une vente, mais tu étais en train de dire que vous étiez en train peut-être de réfléchir à faire quelque chose tous ensemble au niveau du centre commercial.
Valérie : Oui, on s’entend tous bien. Donc, pourquoi pas imaginer les choses… Des choses sur le parking. Des choses sur le parking tous ensemble. On doit y réfléchir à partir de la rentrée. Mais c’est vrai qu’on aimerait, pourquoi pas, animer un peu plus le quartier tous ensemble, faire des choses. On va voir quoi. Donc, pour l’instant, surprise à suivre. À suivre.
Katia : Stay tuned. Si tu devais décrire la raison d’être… Alors, c’est en filigrane. On en a déjà parlé. Oui. Mais vraiment, le « why », qu’est-ce qui t’anime vraiment dans ce que tu fais, pourquoi tu le fais ?
Valérie : En général, toutes les raisons… Les raisons… Les raisons, c’est l’humain tout d’abord. Enfin, voilà. En premier, c’est l’humain. Parce que si on me dit, oui, tu le fais pour une raison, éco-responsabilité, écologique, mais tout ça, c’est lié… Pourquoi on est éco-responsable ? Pourquoi on est écologique ? C’est pour l’humain. Voilà. Donc, du coup, c’est parce que j’aime l’humain, que j’aime l’échange et j’aime partager les choses que j’aime. Donc, c’est tout simplement. Après, évidemment que l’éco-responsabilité… Il n’y aurait pas… Je ne ferais rien sans éco-responsabilité. Rien. Rien sans écologie. Contre tout ça, je le fais parce qu’il y a… Pour l’humain. Puis parce que j’aime partager. Donc, j’aime partager les choses que j’aime, proposer des choses que j’aime, proposer des moments de partage. Donc, c’est pour l’humain.
Katia : Ce que tu faisais précédemment, ce que tu continues à faire ? Oui, évidemment. Il y a un lien. Oui. Je crois que… Une continuité. Oui, j’ai…
Valérie : Ça se nourrit de ce que tu as fait précédemment. Oui. Oui. Alors, évidemment, parce qu’il y a… Parce que quand je discute avec des clientes où je leur dis « oui, c’est un recommencement totale, j’apprends tous les jours mon nouveau métier », mais en fin de compte, j’ai calqué des choses de mon précédent métier, dans le relationnel évidemment, et j’ai calqué des choses, en tout cas de l’humain, du goût du partage, du plaisir, de ce qui est beau et bon, du bien-être. Oui. Et puis aussi, le fait d’avoir ce côté, que ce soit dans le décor et dans la manière de placer mes objets, etc., et de la mise en scène, donc du coup, il y a un peu tout qui a un lien avec mes précédents métiers, en fin de compte. Je me rends compte, petit à petit, qu’en fin de compte, j’ai été labellisée…
Valérie : Ça y est, j’ai un trou et c’est la chaleur. Qu’est-ce qui permet sinon ce label ? Oui. C’est bon. Je suis déjà… Je fais partie de l’initiative. Mais j’ai été la première landaise. Oui. En plus… Attends, je vais le reprendre dans un… Ça y est, initiative remarquable. Moi, je suis suivie par l’initiative lande, qui m’ont aidée pour la création comme la chaîne de commerce des landes, qui m’a aidée et qui m’aide sur trois années. Et l’initiative lande, évidemment, m’a beaucoup soutenue et beaucoup aidée. Et l’initiative France, on est deux dans les landes à avoir été labellisées initiatives remarquables pour… Alors, on a été jugées sur quatre ou cinq années. Donc, cinq impacts sur l’impact positif environnemental, l’impact positif territorial, l’impact positif sociétal, l’impact positif… Je ne me rappelle plus les autres, mais j’étais tous bien. Tu as coché toutes les cases, toi. J’ai coché toutes les cases. Et je suis passée devant… En phase finale, on passe après un long dossier. Après, on passe quelques mois plus tard devant un jury. Donc, il y avait dix gaillards plutôt des anciens ou… Des gros patrons d’une entreprise qui soutiennent l’initiative France. Les questions ont fusé dans tous les sens. Et j’ai un du jury qui m’a posé la question. Et moi, je l’ai senti comme une petite claque quand il m’a posé la question, d’ailleurs. Il m’a dit « Est-ce que vous n’avez pas peur de vous éparpiller dans la multiactivité ? » Et il a fallu que j’y explique justement, au contraire, l’avantage de la multiactivité. Et deux, il y a un autre point. C’est vrai que mon précédent métier ne me fait pas peur par rapport à la polyvalence. Puisque dans le spectacle, il vaut mieux qu’on soit très, très polyvalent. Et du coup, ça, ce côté-là d’être polyvalente et de ne pas avoir peur de ça m’a enlevé cette crainte, justement…
Katia : Oui, c’est une de tes forces aujourd’hui, en fait, pour le déploiement de ton activité. J’espère, oui. J’espère, en tout cas. Oui, c’est ça. Comment est-ce qu’on peut faire appel à toi, te connecter, te contacter, venir te voir ? Tu es sur les réseaux ?
Valérie : Alors, je suis… Oui. Je suis sur Instagram et sur Facebook, Casa d’Aqui pour Instagram et Facebook. Si vous tapez Casa d’Aqui sur Google, vous trouverez de toute façon tous les liens. Et donc, je suis très présente, en effet, sur les réseaux sociaux où j’annonce toutes les nouveautés, les arrivages, les soirées. Je dis beaucoup de bêtises aussi sur un… Voilà, je fais beaucoup rire soi-disant sur les réseaux. Puis après, on peut venir évidemment me voir sur place, 34 avenue Julien Grimaud, centre commercial de la plage, juste à côté du petit salon. Oui. De coiffure. Puis voilà, je suis là. Les horaires.
Katia : Alors, ce sera diffusé en… Oui, voilà, j’étais en train de réfléchir ça.
Valérie : Donc, du coup, ça sera 10h, midi, 14h, 19h du lundi… du mardi, pardon, au jeudi. Et le vendredi, c’est de… Le vendredi, c’est de 10h à minuit, 1h selon les affinités. Et le vend… Et le samedi, c’est de 10h à 21h. Donc, c’est quand même des horaires très larges pour une… Ce genre d’affinités. Oui. Une grande amplitude.
Le Nouveau Monde selon Valérie de Casa d’Aqui
Katia : Oui, une grande amplitude. Alors, moi, si je t’ai proposé de participer à mon podcast, c’est parce que je considère que tu fais partie de ces acteurs du Nouveau Monde. Oui. ‘est-ce que c’est pour toi le Nouveau Monde ?
Valérie : Le Nouveau Monde, c’est un monde… Alors, réellement, alors, c’est vrai que le terme Nouveau Monde, on en a parlé un petit peu. Oui. Le mot « nouveau » devant me dérange un petit peu. C’est peut-être un monde qu’on a endormi, qu’on nous a endormi. Oui. Un monde qui est toujours existant, parce que tu regardes à n’importe quelle époque et sur n’importe quel territoire, on trouve toujours des gens qui veulent aller vers là, vers une éco-responsabilité, vers une humanité, vers de l’écologie, etc., et avec de très bonnes intentions. Il y en a dans toutes les époques et n’importe où, simplement, bon, on nous endort. Donc, je ne dirais pas Nouveau Monde, simplement de rêver. Un réveil. Voilà. Simplement un réveil.
Katia : C’est ce que je te disais en aparté, ça peut être les « new age » ou c’était mettre un concept, un mot, quelque chose pour aussi l’identifier en tout cas. Oui, évidemment, oui. Mais effectivement, oui. Oui. Et l’idée, c’est… Alors, tu parles de réveil. Moi, l’idée, c’est aussi de favoriser l’éveil des consciences. En fait, c’est se reconnecter soit des savoirs ancestraux ou des choses, voilà, qui existent depuis la nuit des temps, dont on s’est peut-être déconnecté, ou des choses beaucoup plus innovantes, en tout cas, comment effectivement se reconnecter à l’humain, au vivant, dans le respect, être en lien, ce que tu fais au quotidien. En fait, ça paraît, pour moi, le B.A.B.A. Finalement, dormir à des choses tellement essentielles et tellement simples, mais ce n’est pas si facile que ça, en fait.
Valérie : Non, ce n’est pas si facile que ça, parce qu’on a des petits barrages, des barrages que, malheureusement, le système économique oblige.
Katia : Et toi, quelle pierre à l’édifice est-ce que tu penses pouvoir apporter ? Alors, à ce nouveau monde ou à ce monde-là qu’on recherche ensemble ?
Valérie : Je reviens toujours sur ma phrase que, pour moi, ce monde, il existe. C’est juste qu’on essaie de l’écraser par des gens qui ont des pouvoirs, etc. Tout ce monde existe. Il est là. C’est juste qu’on l’endort de temps en temps. Il s’est réveillé pendant le Covid. Il s’est re-endormi par habitude, par B. Par habitude, mais… Alors, moi, je n’ai pas envie, je ne serai jamais moraliste, parce que pour moi, ce n’est pas la faute des consommateurs. Déjà, il ne faudrait rien que se mettre d’accord sur les symboles même du tri, par exemple, sélectif. Déjà, rien que ça, ce serait déjà pas mal. J’ai tendance à essayer de dire aux clients, c’est je comprends le marché, comment vous le faites, etc. Je comprends quand on a des enfants ou quand on a une petite retraite, etc., de changer sa manière de consommer. Des fois, elle n’est pas toujours évidente par le train de vie qu’on nous oblige, etc. Jamais, je ne voudrais faire de la morale à quelqu’un. Peut-être la seule chose où je lui dirais de faire attention, essayez d’éliminer le plastique de votre vie. Ça, c’est la première chose à faire, je pense, dans une vie, c’est d’éliminer le plastique. Après, ma pierre à mon édifice, non, moi, je fais les choses sincèrement, comme je le pense. Après, si ça amène une pierre à l’édifice, ça sera la cerise sur le gâteau. Je suis très fière des nouvelles générations. Il faut savoir quand même que ma plus grosse clientèle est assez jeune. J’ai aussi des personnes âgées qui pensent que je suis le BAB de Tarnas, parce qu’on peut faire les courses, on peut s’habiller. Voilà, donc je suis leur BAB de A.E. Mais par contre, je suis très fière de voir la nouvelle génération qui ont le réflexe, par exemple, de me ramener les poches. Elles font des achats, elles me prennent un sachet quand elles ont oublié leur sachet ou comme ça. Quelques jours après, je les vois revenir me ramener la poche d’un pilier, etc. C’est des gestes qui, chaque fois, me font monter les larmes aux yeux terriblement. J’ai des discussions avec une jeune fille au collège. Donc, moins de 15 ans. Qui a fait un exposé sur l’éco-responsabilité et sur l’écologie. Elle n’a pas pris que moi comme exemple, mais j’avais une part belle dans son exposé. Voilà. Donc, elle a passé toute une après-midi et elle a 13 ans. Je n’oublierai jamais cette gavine parce que moi, je me dis, mais c’est dingue. Et je me dis, rien que pour ça, on a le devoir, nous, les anciennes générations et nous, les soi-disant adultes. On leur doit de se réveiller et de montrer que ce monde existe et que ce n’est pas parce qu’il y a 6 kilos de pâtes soldées à Leclerc qu’on doit les acheter. On n’a pas besoin de ces kilos de pâtes. On peut consommer de manière différente et d’acheter local et pas forcément plus cher. C’est juste dans les quantités qu’on fait. On agit différemment. Après, le textile. L’industrie du textile, c’est un énorme problème pour l’écologie. C’est une catastrophe. Oui, alors, la seule marque que je vais citer pour pouvoir les détruire, franchement, c’est Shein qui, d’un, détruit toutes les marques qui sont un peu plus éco-responsables, qui utilisent des teintures, etc. Et quand je vois qu’ils vendent aussi des habits pour bébés ou pour enfants, je suis désolée que ces enfants-là portent ce genre de produits sur eux. C’est des habits qui n’auront jamais de seconde vie parce que c’est d’une qualité médiocre. Donc, vous ne faites pas des économies en achetant ces habits-là. Pas du tout. Parce que vous en achetez plus. Je suis point relais pour faire connaître ma boutique. Oui, donc on a eu quelques passages en fin de journée. Voilà. Je suis point relais. Je vois évidemment tous les colis Vinted, etc. J’explique. Alors, si j’ai pris le point relais, c’est carrément pas mal. Pour faire connaître, je le dis officiellement, c’est sûr, c’est pour faire connaître ma boutique. Il ne faut pas rêver.

Katia : C’est aussi comme ça que je suis là ce soir puisque c’est comme ça que je suis arrivée à toi.
Valérie : Évidemment, quand je vois des colis de la fourche ou des choses comme ça, bon là, ça va, je suis contente. Mais bon, ce n’est pas la majorité évidemment des colis. Donc, je comprends quand on est jeune maman qu’on achète sur Vinted. Déjà au moins, c’est la seconde de main. Mais après, c’est du transport et il n’y a pas le service de la friperie. La friperie avait une mauvaise image. Jusqu’à il y a quelques années, on avait l’impression d’aller dans un boui-boui où il fallait fouiller. On allait trouver des vêtements de mauvaise qualité, ne pas laver, etc. Il faut quand même savoir que tout le linge que je reçois ici, que je chine moi, je le lave. J’ai ma petite buanderie. J’ai une machine qui est AA+. Mon sèche-linge est également à condensation. Voilà, donc je récupère l’eau et j’arrose mes plantes avec. Et donc, qui est une AA+, c’est la lessive que j’utilise. C’est une lessive que je fabrique moi. Alors, je repasse, mais je repasse très mal. Mais je repasse. Ma boutique, je pense, j’espère qu’on a l’impression de rentrer dans une boutique jolie. J’ai des clients qui se sont fait avoir, qui ont réagi au dernier moment que c’était de la seconde de main. Et du coup, si elles l’avaient su avant, peut-être qu’elles ne seraient pas rentrées. Maintenant, elles ont changé d’opinion par rapport à la seconde de main et la friperie. On a de très belles friperies dans la région, sur Bayonne, sur le Cap Breton. Je fais un plein œil à Heidi ou à Bibiza à Bayonne. L’industrie du vêtement est une catastrophe écologique et écoresponsable, puisque quand vous achetez un jean, il n’est pas toujours beau à voir pour les humains qui travaillent derrière. Et puis, on a de quoi s’habiller pour des décennies sans rien fabriquer. Et des marques comme Shein détruisent des marques qui sont écoresponsables en les copiant, parce qu’ils ont une force. En 24 heures, ils copient des vêtements qui fonctionnent. Et voilà. Donc, ils détruisent les marques écoresponsables. Et petit à petit, on voit des marques françaises qui étaient plutôt potables, on va dire, côté écologie, qui disparaissent. Voilà. Donc, c’est vraiment dommage. Et puis, s’habiller, c’est pareil. Ce n’est pas rigolo. Moi, chez moi, quand on s’habille, on est original. Voilà. On se fait plaisir. Et puis, en plus, on fait attention à son porte-monnaie, ce qui n’est pas plus mal.
Katia : Alors, on va bientôt terminer.
Valérie : Oui. Je suis bavarde.
Katia : Mais je suis là pour te donner la parole. Alors, justement, est-ce qu’il y a une question que je ne t’ai pas posée que tu aurais aimé que je te pose ?
Valérie : Je ne sais pas. Oui, on n’a pas parlé de ma communication sur les réseaux sociaux. Et les réseaux sociaux, ce n’est pas très écoresponsable. Mais bon, voilà, j’y suis très présente. Mais par contre, en termes de flyers, évidemment, vous n’aurez jamais des flyers à écrire « Ne pas jeter sur la voie publique » avec du Casa d’Aqui dessus. Quand je fais les flyers, et j’en fais tout le temps, mes flyers sont biodégradables et semençables. Donc, chaque fois, mon petit flyer avec mes réseaux sociaux dessus, ils ont des petites semences. Donc, après avoir noté mes réseaux sociaux, mon petit flyer, vous pouvez le mettre dans un petit pot de fleurs et vous aurez soit des fleurs, soit des plantes, soit des… Voilà. Même des légumes, parce que j’ai eu des mini tomates. C’est vrai. Des tomates cerises. Voilà. Donc, je change régulièrement de semences, mais mes flyers sont toujours biodégradables et semençables. Voilà.
Katia : C’est le premier flyer que j’ai découvert avec des graines à l’intérieur.
Valérie : Oui, parce que c’est vrai qu’en communiquant… Alors, des papiers, des outils de communication biodégradables et semençables, on en trouve pour des faire-parts de mariage. On en trouve pour des cartes, des cartes de vœux, des cartes d’anniversaire, etc., mais des choses qui sont faites en grand nombre. En flyers de communication comme ça, vraiment, je n’en connais pas beaucoup. Et d’ailleurs, un gros appel aux imprimeurs locaux, parce qu’il a fallu que je trouve le seul fabricant le plus près. Fabricant, je ne parle pas d’imprimeurs qui se traitent de l’autre côté, en Allemagne ou en Espagne. Je parle d’un fabricant. Le seul fabricant que j’ai trouvé qui a été d’accord de me faire des flyers avec, en respectant les gabarits qu’il pouvait faire, etc. Il est à Nantes. L’appel est lancé. Voilà. Alors oui, pour mes amis commerçants ou d’autres entreprises qui voudraient faire ce genre de flyers, oui, à l’achat, en effet, c’est beaucoup plus cher que ce que vous pouvez acheter sur Internet pour faire des flyers. Mais par contre, quand je donne mon flyer, il n’a pas du tout le même effet que celui qu’on jette à la poubelle en deux secondes. Voilà. Elle est sûre qu’on y porte une attention particulière. En fait, quand tu dis flyers, c’est plus cartes de visite ? Oui, on appelle ça des flyers, mais oui, certes, celui-là, par exemple, il a un format de carte de visite. Mais c’est un flyer. Voilà.
Katia : Est-ce qu’il y a quelque chose que… Mais il ne vole pas, celui-là. Oui, il ne vole pas. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu veux nous dire avant de terminer et avant que je te fasse faire un petit jeu ?
Valérie : Ah, il y a un jeu ? Ah, super. Je suis très joueuse. Enfin, un jeu, oui. Vous êtes les bienvenus. La porte est grande ouverte. De temps en temps, devant la porte, il y a des personnes qui me disent « je peux rentrer ». Alors, j’ai toujours peur que mon lieu soit intimidant alors que…
Katia : Vraiment ?
Valérie : Au contraire, je veux que ce soit un lieu chaleureux où la porte est grande ouverte et que tout le monde est le bienvenu.
Katia : Est-ce que tu leur as retourné la question pour savoir qu’est-ce qui fait qu’ils posent la question de « est-ce que je peux rentrer ? Ce serait intéressant de savoir qu’est-ce qui…
Valérie : Parce qu’en France, il y a… Pour avoir beaucoup voyagé, ce regard-là, il n’existe pas forcément dans d’autres pays. Mais souvent, en France, plus la boutique est mignonne et jolie, plus on pense que c’est cher. Venez.
Le portrait chinois de Valérie de Casa d’Aqui
Katia : Alors, pour finir, est-ce que tu connais le portrait ? C’est chinois. Si tu étais… Ah oui, oui, oui, bien sûr, évidemment. Alors, j’en avais comme ça quelques-uns à te proposer. Si tu étais un plat, lequel serais-tu ?
Valérie : Oh, un confit de canard.
Katia : En particulier ?
Valérie : Ah oui, le confit de canard de la ferme Lafenêtre qui se trouve à Doazit en Châlosse, par exemple.
Katia : Si tu étais un livre ?
Valérie : Oh là là. Alors, moi, je vais vous croiser. Je vous conseille, il y a une jeune autrice qui est locale, qui s’appelle Marie-Jeanne Amour, qui est tarnosienne, qui a écrit deux très beaux bouquins. Je ne voudrais pas dire les titres-là parce que j’ai peur de faire un amalgame entre les deux titres. Mais cherchez Marie-Jeanne Amour, elle a écrit deux très beaux romans et elle est tarnosienne.
Katia : OK, merci. Si tu étais un dicton ou une devise, lequel serais-tu ou lequel serais-tu ?
Valérie : Alors, je suis très fan d’un philosophe. Oui. C’est un philosophe qui s’appelle Edgar Morin, qui n’est pas tout jeune. Et il en a dit tellement que chaque fois qu’il dit quelque chose, je suis amoureuse de lui toutes les semaines.
Katia : Est-ce que tu as une citation qui te revient ou pas ? Ou on peut juste dire Edgar Morin.
Valérie : Oui. Et puis, il y avait un poème de La Fontaine qui parlait justement sur la morale qu’en gros… Oui. La Fontaine qui parlait justement qu’en gros, les boulangeries ne font pas ni le cœur ni l’âme. Voilà. Donc, c’était d’une autre époque évidemment. Ou alors, sortir un proverbe ou une citation, je n’en aurai pas là qui me vient. Mais par contre, il y a une chanson de Bourville qui s’appelle La Tendresse qui a été reprise par beaucoup de monde qui, je pense, résume beaucoup de choses. Et une chanson aussi d’un groupe, d’un trio parisien qui malheureusement n’existe plus ensemble. Mais vous allez pouvoir le retrouver sur Spotify et d’autres. Il s’appelle Trois minutes sur mer. Ils ont une chanson qui s’appelle Les gens. Écoutez cette chanson, ça définit aussi ma mentalité. D’accord. J’ai regardé. Trois minutes sur mer et le titre Les gens. D’accord.
Katia : Si tu étais un film ?
Valérie : Si j’étais un film…
Katia : Qu’est-ce qui te vient spontanément ?
Valérie : Je n’ai pas le titre là.
Katia : Est-ce que tu as peut-être l’histoire ou les acteurs ?
Valérie : Oui. Alors, La Tendresse… La Tendresse, c’est une réalisatrice, mais dans ce film-là, elle joue dedans. Il était très avant-gardiste à l’époque parce qu’il parlait d’écologie, il parlait d’êtres qui étaient sur notre planète et qui regardent les choses qui se passent dans l’herbe verte.
Katia : Ah, de Colline Serrault. Oui, mais verte, mais le premier mot, je ne sais pas. La Belle Verte. La Belle Verte. Voilà. C’était une évidence. Oui, oui. Et pour terminer, si tu étais un super héros ou une super héroïne ? Qui serais-tu ?
Valérie : Alors, ça va vous faire rire parce que… Qu’est-ce que ça m’arrive ? Ce n’est pas une héroïne. Mais quelque part, oui. Mais je vais dire Bridget Jones. Ah, oui ? Pour plein de raisons. Pour sa maladresse, pour sa sensibilité, pour son côté passionné, son côté hyper émotif et son côté hyper spontané. Voilà. OK.
Katia : Merci beaucoup, Valérie.
Valérie : Oui, merci à toi.
Katia : Merci beaucoup pour votre écoute. J’espère que l’histoire de Casa d’Aqui et le parcours de Valérie vous auront vraiment inspiré. N’hésitez pas à la contacter donc directement sur ces réseaux. Je vous mettrai tous les liens donc pour la contacter dans la description de cet épisode. À bientôt.
Retranscription de l’interview à l’aide d’AutoScript.